L'indispensable rôle des femmes dans la société

Publié le par Laurence Garnier

RousseauAlors que nous célébrons en ce vendredi 8 mars 2013 la 102ème Journée internationale de la Femme, la place et le rôle des femmes dans la cité constituent encore aujourd'hui une question pour nos sociétés occidentales.

 

D'immenses progrès ont certes été accomplis au cours des précédentes décennies.

D'importants chantiers restent à mener, sur des dossiers aussi différents que l'égalité salariale (la France accuse un écart de 19% entre les salaires des hommes et ceux des femmes), ou la question des violences faites aux femmes (rappelons qu'actuellement en France, une femme meurt tous les 2 jours sous les coups de son conjoint). Au cours du quinquennat de Nicolas Sarkozy, la question de la place des femmes dans la société a été prioritaire. Elle a permis, notamment, d'améliorer la représentativité des femmes dans les entreprises et au sein des conseils d'administration. En déclarant la violence faite aux femmes Grande Cause Nationale en 2009, le gouvernement a permis une meilleure identification et une prise en charge plus précoce des cas de violences conjugales.

 

Après avoir réfléchi à la place de la femme au sein du foyer, puis au rôle des femmes dans le monde professionnel, la société française a posé, plus tardivement que d'autres, la question de la place et du rôle des femmes dans la vie publique. Pourtant, dès les Lumières, on trouvait en germe chez Jean-Jacques Rousseau l'esquisse d'un rôle spécifique des femmes dans la vie publique :

 

"Pourrais-je oublier cette précieuse moitié de la république qui fait le bonheur de l'autre, et dont la douceur et la sagesse y maintiennent la paix et les bonnes moeurs ? Aimables et vertueuses citoyennes [...] c'est à vous de maintenir toujours par votre aimable et innocent empire et par votre esprit insinuant l'amour des lois dans l'Etat et la concorde parmi les citoyens".

 

Au travers de termes un peu désuets et d'une conception de la femme qui a certes bien évolué en deux siècles et demi, Rousseau décrit bien le rôle fondamental des femmes dans le renforcement du lien social, vecteur indispensable de la paix sociale et du bien-vivre ensemble. La paix, qui ouvre le propos, et la "concorde parmi les citoyens", se retrouvent aujourd'hui au travers de l'investissement associatif plus important des femmes, qui donne son véritable sens à la "fraternité" de notre devise républicaine.

 

La question de l'engagement des femmes au coeur de la vie politique nationale est le prolongement naturel d'une implication constante des femmes dans la vie de la cité. Au-delà d'une simple logique de représentativité équitable des hommes et des femmes dans les mandats électifs, c'est plus encore la question du bénéfice que notre société retirera d'une présence accrue des femmes dans la vie politique qui est posée aujourd'hui.

 

"La vitalité de toute démocratie, a écrit Jacques Chirac, se mesure d'abord à la place qu'elle réserve aux femmes. Elire des femmes, j'en ai la conviction, qui se fonde sur mon expérience de la vie publique, c'est faire toute sa place, dans la prise de décision publique, au genre qui incarne et sait faire prévaloir la vie humaine, avec ses forces et ses vulnérabilités."

 

Plus qu'une question d'égalité numéraire, il s'agit donc de considérer les apports spécifiques des femmes dans la vie publique, en particulier en ce qui concerne le lien social, et de réaffirmer qu'au-delà d'un combat des femmes pour elles-mêmes, c'est la société toute entière qui bénéficie de l'implication et de l'engagement des femmes dans la vie publique et politique.

Publié dans Actualité nationale

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