Réforme des retraites : la question des femmes

Publié le par Laurence Garnier

42-21637740.jpgA partir de demain mardi 5 octobre, le projet de loi sur la réforme des retraites sera examiné à par le Sénat après avoir été voté il y a deux semaines à l’Assemblée Nationale.

 

Prévoyant le passage de 60 ans à 62 ans pour l’âge légal du départ à la retraite, et le passage de 65 à 67 ans pour l’âge de départ avec une retraite à taux plein, le texte suscite des interrogations sur la question des femmes, dont la carrière professionnelle se distingue de celle des hommes de trois manières :

 

  1. un parcours professionnel discontinu, lié à la maternité, et à des interruptions de carrière pour l’éducation des enfants (44% des femmes effectuent une carrière complète contre 86% des hommes) ;
  2. des salaires inférieurs en moyenne de 20% à ceux des hommes, à âge et qualification professionnelle comparables ;
  3. le recours, parfois choisi, souvent subi, au travail à temps partiel (82% des emplois à temps partiels sont aujourd’hui occupés par des femmes).

 

Conséquence de ces grandes caractéristiques, la retraite des femmes est en moyenne nettement inférieure à celle des hommes : en 2007, le montant des retraites des femmes représentait ainsi 56% de celle des hommes. 40% des femmes retraitées touchaient moins de 600 euros de retraite par mois, alors que ce chiffre tombe à 10% pour les hommes.

 

Le projet de loi pour la réforme des retraites prévoit une première avancée en faveur des femmes en proposant d’assimiler à des salaires les indemnités journalières touchées au titre du congé de maternité. Il envisage également des mesures « destinées à garantir que les entreprises s’investissent dans la réduction des écarts salariaux entre hommes et femmes ».

 

Dans l’esprit, le projet de loi cherche donc à agir en profondeur sur les causes des inégalités de salaire, puis de retraite, entre hommes et femmes, avec l’objectif de les résorber dans les prochaines années, rendant inutile une distinction entre hommes et femmes sur la question du droit à la retraite.

 

Cet objectif est sans doute nécessaire. Il reste qu’il pourrait s’accompagner  d’une prise en compte des inégalités effectives qui existent aujourd’hui entre hommes et femmes face à la retraite. C’est la cause défendue par la députée UMP Chantal Brunel, qui demande le maintien de l’âge de départ à taux plein à 65 ans pour les femmes ayant eu deux enfants ou plus, et dont la pension de retraite est inférieure de 25% en moyenne à celle des femmes qui ont eu un seul enfant ou pas d’enfant du tout.

Publié dans Actualité nationale

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mahot 04/10/2010 10:34


merci laurence pour cette publication. très claire....et rassurante. bises . florence


Camille LETHu 04/10/2010 09:57


Merci pour ces précisions concernant la réforme en cours.
Nous aurions besoin en effet de connaître dans le détail la situstion actuelle, et ce qui va changer. Je suis tout à fait d'accord sur le fait qu'il faille défendre les femmes mères de famille qui
entamment leur carrière professionnelle non seulement pour "porter" leur enfant, mais aussi souvent ensuite pour les élever. C'est un cadeau qu'elles font à la société, celà n'est pas assez
reconnu! Il faudrait aussi que soient reconnues les mères de famille nombreuses (je n'en fais pas partie) qui choisissent d'élever leurs enfants et qui, pour certaines, n'ont jamais cotisé.